Mondial de foot : Quel avenir après le diktat américain ?

vendredi 12 juin 2026 • 214 lectures • 0 commentaires

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Mondial de foot : Quel avenir après le diktat américain ?

On a écarté la Russie. Et marginalisé certains pays comme la Biélorussie. La Chine attend sans doute son tour. Ensuite, ce sera l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, Cuba, le Venezuela, les pays de l’AES, puis les BRICS. La liste risque d’être longue.

Trump et ses satellites veulent écraser le reste du monde. Ils veulent un monde à pensée unique mais avec une Amérique qui gouverne. Les armes ne suffisent plus, car l’Iran l’a démontré. Maintenant c’est le soft power : pressions sur les petits pays, invasions intempestives. Le message est bien clair.


Exclusion de la Russie du Mondial, pressions sur la Chine, sanctions contre l’Iran. Le football devient l’arme du soft power américain. Face à ce diktat, seule une multipolarité assumée peut répondre.


1. Le sport otage de la géopolitique


Écarter la Russie, cibler certains pays,  menacer la Chine… La  Coupe du monde n’est  plus une compétition sportive. Elle est devenue un champ de bataille diplomatique.  Après Moscou, la liste s’allonge. Le critère n’est plus sportif. Il est politique.


2. Du hard power au soft power


Trump l’a compris : les armes seules ne suffisent plus. L’Iran l’a démontré. Alors on change d’arme. On utilise le soft power : exclusion des compétitions, pressions sur les fédérations, chantage économique sur les petits pays hôtes. Invasions intempestives, hier. Sanctions et isolement culturel aujourd’hui. Le message est clair : aligne-toi ou disparais des radars mondiaux.


3. L’illusion du monde à pensée unique


Ils veulent un monde unipolaire, gouverné depuis Washington. Une seule pensée, une seule règle, un seul vainqueur.  Erreur stratégique. Car chaque exclusion fabrique des coalitions. Chaque diktat accélère la création d’alternatives : BRICS, AES, circuits financiers hors dollar, compétitions parallèles.


4. Inventer l’autre monde


La seule réponse n’est pas militaire. Elle est civilisationnelle. Démontrer qu’un autre monde est possible : multipolaire, respectueux des souverainetés, où le sport reste sport.


La Coupe du monde, nouveau front de la guerre froide


Trump ne bombarde plus seulement. Il exclut. Il sanctionne. Il utilise le soft power : pas de compétition pour toi si tu n’obéis pas.  Les armes n’ont pas fait  plier Téhéran. Alors, on attaque la culture, le sport, l’image. Invasions intempestives hier. Pressions sur petits pays aujourd’hui.  


L’Amérique, chef d’orchestre d’un monde à pensée unique.  


La réponse face à cette dynamique de conquête ? Une seule. Prouver qu’un autre monde existe. Multipolarité, souveraineté, respect. Le ballon est rond. Il ne doit appartenir à personne.


Géopolitique globale et coulisses du football mondial


Le lien direct entre la géopolitique globale et les coulisses du football mondial est vite établi, surtout au moment où la Coupe du Monde 2026 s’ouvre précisément sur le sol nord-américain, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le football n’est plus seulement un jeu ; il est devenu l’un des théâtres les plus visibles de la guerre d’influence et du soft power. L’exclusion de la Russie par la FIFA dès 2022 a créé un précédent juridique et politique majeur. Pour la première fois, l’instance suprême du football a aligné ses sanctions sportives sur l’agenda diplomatique occidental, brisant le vieux mythe d’un «sport neutre et apolitique». Face à ce diktat ou à cette tentative de pensée unique, l’avenir du football mondial se fragmente et se réorganise selon deux axes majeurs :


Les tensions immédiates de la Coupe du monde 


2026 : Le sport sous contrôle


Le déroulement même de ce tournoi illustre l’utilisation des pressions administratives et migratoires comme outils de pouvoir.


La guerre des visas : L’administration américaine applique des restrictions d’accès strictes qui impactent directement la compétition. Des arbitres, notamment somaliens, et des membres de staffs techniques, comme ceux de l’Iran, se voient refuser l’entrée ou subissent des interrogatoires interminables aux frontières.


Des supporters exclus d’office : En raison des décrets migratoires et des restrictions imposées par Washington à plusieurs dizaines de pays, des milliers de fans venus d’Haïti, d’Iran, ou soumis à des cautions de visa exorbitantes — Sénégal, Côte d’Ivoire — se retrouvent de facto exclus des tribunes américaines, dénaturant le caractère universel de la fête.


La tentation du schisme : Vers un football multipolaire ?


Si la liste des pays mis au ban ou sous pression continue de s’allonger, la FIFA risque de se confronter à la même limite que les institutions financières occidentales : la création d’alternatives.


Pour démontrer qu’«un autre monde est possible», le Sud global et le bloc des BRICS disposent de leviers qui pourraient, à terme, briser le monopole de Zurich et de ses partenaires occidentaux :


L’indépendance financière par les nouveaux géants : Pendant des décennies, le football mondial a été dicté par les sponsors européens et américains. Aujourd’hui, l’axe sino-émirati et les investissements massifs de l’Arabie saoudite rebattent les cartes. Si les pays émergents décident de financer leurs propres structures, la FIFA perdra son principal moyen de pression.


Des compétitions alternatives : À l’image des initiatives politiques, on voit poindre l’idée de compétitions sportives parallèles. La Russie organise déjà les Jeux des BRICS ou les Jeux de l’Amitié. Si la Chine, l’Iran, les pays de l’AES et d’autres nations majeures du Sud décidaient un jour de boycotter le système FIFA pour créer une confédération dissidente, le football mondial se fracturerait en deux blocs, calquant exactement la carte de la nouvelle guerre froide.


Le nœud du problème : En instrumentalisant le sport pour isoler ses adversaires politiques, l’Occident prend le risque de détruire l’universalité du football. Le jour où le reste du monde refusera massivement de se soumettre aux critères de sélection de Washington ou de l’Europe, la Coupe du monde cessera d’être «mondiale» pour devenir un simple tournoi inter-alliés. Les instances dirigeantes du football africain, la CAF, et asiatique, l’AFC, auront-elles le courage politique de faire bloc pour imposer le respect de la souveraineté de leurs États face à ces restrictions de visa ? La dépendance financière envers la FIFA rend-elle toute résistance impossible ? La CAF et l’AFC ont le levier politique, mais pas encore le levier financier. Tant que 70% du budget FIFA vient des droits TV et sponsors occidentaux, la dépendance tue la rébellion. Le courage viendra le jour où l’Arabie saoudite et la Chine financeront une alternative crédible.  D’ici là, on constate des protestations de façade et une soumission de fait.


Par Mamadou KASSÉ 

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Hubert Mbengue

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