Athlétisme : La cote d’alerte est atteinte

mercredi 17 mai 2023 • 1500 lectures • 1 commentaires

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Athlétisme : La cote d’alerte est atteinte

Dans quelques jours, la fédération nationale d’athlétisme, organise le meeting international de Dakar. Une survivance d’une période où l’élite sénégalaise se comportait honorablement sur les tartans du continent. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

L’athlétisme sénégalais traverse des trous d’air depuis quelques années. Ses résultats en Afrique sont très faibles. À preuve, les derniers championnats d’Afrique des jeunes (U18 et U20) tenus en Zambie.


Il est loin le temps où les athlètes sénégalais inspiraient le respect sur les pistes d’Afrique. Numéros 1 des pays francophones d’Afrique aux palmarès combinés des Jeux africains et des championnats d’Afrique depuis 1960, les Sénégalais défiaient sans être ridicules, leurs rivaux de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique du Nord et les deux meilleurs «anglophones» de l’Afrique de l’Ouest , le Nigeria et le Ghana. 


Depuis quelques années, le parallèle est inquiétant, puisqu’il se fait avec des «athlétismes» qui n’ont pas d’états de service dans la première discipline olympique. Il est presque douloureux de constater que la Gambie, le Mali et la Guinée par exemple se sont mieux classés que le Sénégal lors de ces championnats d’Afrique de Zambie où nos athlètes sont revenus avec un zéro pointé. Aucune médaille sur les quatre-vingt-dix-neuf attribuées. 


Où sont passées la culture et la tradition du Sénégal en athlétisme ? Les dirigeants pointent du doigt l’absence de moyens et d’infrastructures pour expliquer la disette actuelle. Sur ce qu’on a appelé dans un passé récent, les « fonds de relance « octroyés par l’Etat, on avait fait fonctionner la discipline. En essayant de maintenir le niveau. Pour une discipline qui n’a plus de têtes d’affiche comme les Amadou Dia Ba ou Amy Mbacké Thiam pour ne considérer que les deux héros de l’époque récente puisque celle-ci a donné de grands champions, attirer des soutiens privés est une mission presque impossible. Les pouvoirs publics ont-ils intégré cette donne ? Ont-ils compris que l’athlétisme est une discipline qu’on ne peut pas regarder s’étioler tant le potentiel existe et grand est le risque de perdre les acquis.


Mais les dirigeants ont-ils l’influence pour mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités ? Querelles de positionnement et désunion des dirigeants n’ont pas été absentes ces dernières années dans les instances fédérales, ce qui n’est pas de nature à rassembler toutes les forces et à promouvoir l’athlétisme sénégalais. Peut-on travailler sans certaines conditions ? Le sport sénégalais est plein de disciplines sans moyens notables mais qui font preuve d’imagination pour exister. L’argument d’absence d’infrastructures est à brandir avec modération.


La figure tutélaire de l’athlétisme sénégalais, le regretté Lamine Diack, pour encourager les Africains à ne pas se polariser sur les infrastructures, avait coutume de leur rappeler l’exemple de Cuba qui ne disposait pas de piste synthétique lorsque ses athlètes ont remporté leurs premières médailles olympiques !


Quel est aussi le bénéfice tiré de toutes les opportunités qui s’offrent à cette discipline avec le siège de la Confédération africaine d’athlétisme et des centres de formation d’athlètes et de cadres avec l’ex-CRD et l’ex-CIAD réunis et devenus AADC (African athletics development center) ? Des acquis que le pays doit aux pionniers qui ont fondé la Confédération aujourd’hui disparus : Lamine Diack, Malick Mbaye, Papa Gallo Thiam et Garang Coulibaly.


Un environnement qui doit permettre par exemple aux jeunes athlètes locaux de s’étalonner avec une partie de l’élite africaine.


Il n’est pas question de faire porter toutes les responsabilités des difficultés actuelles aux dirigeants et aux techniciens. Certains d’entre eux sont de vrais «militants» qui consacrent une bonne partie de leur vie à l’athlétisme mais la cote d’alerte est atteinte. Il est nécessaire de trouver des remèdes pour stopper cette chute par des mesures hardies dans  la détection, la formation et la dotation minimale de moyens. L’athlétisme ne doit pas dépérir dans ce pays où de réelles capacités existent.   


Mamadou KOUMÉ


Journaliste et enseignant-chercheur 


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Publié par

Hubert Mbengue

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