Bombardier : «Je suis prêt pour le vainqueur de Modou Lô-Ama Baldé»

vendredi 8 avril 2022 • 533 lectures • 0 commentaires

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Bombardier : «Je suis prêt pour le vainqueur de Modou Lô-Ama Baldé»

Une semaine après avoir essuyé la 9ème défaite de sa carrière, le 2ème face au chef de file de l'écurie Tay Shingher, Eumeu Sène, Bombardier s'est entretenu avec le quotidien RECORD. Le B52 de Mbour est largement revenu sur le combat du 27 mars passé. Il a également édifié les amateurs de lutte sur son avenir dans l'arène sénégalaise.

Bombardier, vous venez de vous incliner à nouveau face à Eumeu Sène, qu'est-ce qui n'a pas marché ?


Je vais commencer par remercier tous ceux qui m'ont soutenu dans ce combat, à savoir le staff technique, l'écurie et principalement ma famille. Je peux dire que depuis le début de la saison, je n'ai pratiquement pas de vie de famille avec l'enchaînement des combats. De toute façon, on a fait tout ce qu'il fallait pour décrocher cette victoire. Que ce soit sur le plan sportif que sur le plan mystique. Maintenant, il était écrit que la victoire irait dans l'autre camp et j'en profite pour féliciter mon adversaire qui a mérité sa victoire. 


Pouvez-vous nous retracer le film du combat ? 


J'ai lutté en fonction de ce que j'avais préparé à l'entraînement. Comme j'ai l'habitude de le dire, la lutte est un sport imprévisible, différent un peu du football où, en deux périodes, on peut se racheter à tout moment. Tel n'est pas le cas ici. La moindre erreur se paye cash. Lors de notre premier accrochage, on a lutté, on s'est bagarré. J'ai réussi à pousser mon adversaire dans ses derniers retranchements. Là, Eumeu a fait un «4 appuis». Mais, l'arbitre a jugé que la chute avait eu lieu hors des sacs. Évidemment, à la reprise du combat, j'avais constaté une certaine fatigue chez lui. C’est à ce moment que j'ai pris une option d'accélérer le combat, mais pas n'importe comment. Je n'ai fait qu'appliquer les consignes de mon entraîneur. Pour moi, cela s'est joué sur des détails, c'est pourquoi j'ai perdu ce combat. 


L'avenir de Bombardier dans l'arène n'est-il pas menacé avec l'émergence de jeunes lutteurs comme Reug Reug, Ama Baldé, Sa Thiès...?


Je pense que si l'on parvient à se maintenir 20 ans au plus haut niveau, en étant sacré Roi des arènes à deux reprises, on n’a plus rien à prouver dans l'arène. Et, ce qui me plaît dans tout ça, c’est que chaque apparition de Bombardier devient un évènement. Dieu merci, j'ai lutté avec toutes les générations. D'ailleurs certains lutteurs plus jeunes que moi ont déjà quitté le milieu de la lutte. J'avoue que ce n'est pas donné à tout le monde. Je ne sais pas si je décrocherai un autre combat ou pas. De toute façon, je suis un sportif et je reste toujours dans l'arène. Concernant mon avenir, je prendrai le temps d'y réfléchir. J'admets que jusque-là mon parcours a été merveilleux. Pour le B52, une page s'est déjà écrite. Donc, aujourd'hui, victoire ou défaite, cela n’entachera en rien ma carrière.


Comment analysez-vous cette deuxième défaite, face à Eumeu Sène ?


C'est déplorable dans la mesure où j'avais à cœur de prendre ma revanche sur Eumeu Sène. Mais j'accepte la défaite avec philosophie. Si vous vous souvenez, il y a deux mois en arrière, c'était le même scénario face à Balla Gaye 2. Et Dieu m'avait donné la victoire. C'est ça la loi du sport. Pour résumer, tout ne peut pas être rose à tout moment.


Dans ce combat, Eumeu Sène qui sortait de 3 défaites d'affilée avait l'obligation de l'emporter. Ne pensez-vous pas qu'il vous fallait l'attendre, vous qui aviez enchaîné 2 victoires de rang ?


Mais attendre jusqu'à quand ? Si nous étions restés sur place, il n’y aurait pas eu de vainqueur. Une défaite suscite toujours des interrogations. Toutes les consignes que j'avais reçues pour ce combat étaient unanimes, c'est-à-dire patienter. Et je me suis comporté de la sorte, durant le premier acte. Mais, comme il m'avait battu une première fois, j'étais déterminé, moi aussi, à lui donner la réplique. Certes, on était venu pour la victoire, mais le sort en a décidé autrement. Et je pense que les amateurs ont été servis.


Est-ce que Bombardier n'était pas animé par un esprit de revanche, aussi ?


Pas du tout. D'ailleurs, si vous faites le constat, lors de mes deux derniers combats entre Modou (Lô) et Balla (Gaye n°2), soldés par des victoires, j'avais complètement changé de stratégie, en dégageant une grosse sérénité. C'était valable pour ce combat. Qui connaissait bien Bombardier auparavant, sait qu'il fonçait tout droit vers son adversaire, dès le coup de sifflet de l'arbitre. Simplement, cette fois, ma tactique n'a pas fonctionné. J'ai commis une seule erreur et cela a été fatale.


Mais aussi, est-ce que le rapprochement lié de vos deux combats, face à Modou Lô et Balla Gaye 2, n'a pas été un handicap pour celui-ci ?


Au contraire, pour moi, c'est une faveur, parce que cela m'a permis d'être plus compétitif. Je suis certain que si le combat avait connu une prolongation de cinq minutes, il (Eumeu Sène) n’en sortirait pas vainqueur, car en un moment donné, Eumeu était déjà épuisé physiquement.


Pour votre prochain combat, vous pensez à qui ?


Je n'ai plus de préférence dans l'arène. J'ai lutté pratiquement avec tous les ténors. Donc, je laisserai le soin aux promoteurs. De toute façon, je reste à l'écoute de mon staff car les propositions ne vont certainement pas manquer. Maintenant, qu'il s'agisse d'un jeune ou d'un lutteur que j'avais déjà croisé, je suis preneur. L'objectif, c'est de devenir une troisième fois Roi des arènes. Ce qui est loin d'être facile.


Est-ce que Bombardier est prêt à en découdre avec le vainqueur de Modou Lô-Ama Baldé ?


Comme je l'ai dit tantôt, je suis prêt à affronter tous les lutteurs. Pour Modou Lô, je lui dois une revanche. Quant à Ama Baldé, pourquoi pas ? Parce qu'on ne s'est jamais affrontés. C'est dommage que leur combat ait capoté. Je souhaite vraiment que ce combat ait lieu, car l'issue de ce choc peut créer une ouverture, concernant le cercle des VIP. C'est ça qui fait le charme de l'arène saison après saison, chacun à son tour. 


À 46 ans, Bombardier est proche de la retraite dans l'arène ?


Ça dépendra de mes éventuels prochains adversaires. De toute façon, je voudrais sortir par la grande porte en clôturant par une victoire. Vu votre âge, pensez-vous que le CNG vous accordera deux à trois années supplémentaires pour continuer à lutter ? Selon moi, l'âge ne compte pas. Même si celui de la retraite est fixée à 45 ans, moi je suis convaincu que je peux lutter jusqu'à 50 ans. Parce que je suis sûr de ma force.


La déception a été grande du côté de vos supporters. Qu'est-ce que vous leur dites ?


Comme je l'ai évoqué au début, c'est l'occasion pour moi de remercier tous les Mbourois. Entre Mbour et moi, c'est un long compagnonnage. La preuve, ils se sont mobilisés dès les premières heures de la matinée pour se rendre au stade. Et avec cette défaite, je sais que le retour a été pénible pour eux. Je n'oublie pas mon staff et l'écurie. J'ai vu comment les jeunes lutteurs de l'écurie ont porté à cœur ce combat. S'il dépendait que de nous, on emmènerait la victoire au grand bonheur des Mbourois. Mais, je promets de revenir plus fort.


Ndar Mathieu FAYE (Mbour)

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Publié par

Hubert Mbengue

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