CAN : le «glissement» de trop ?

vendredi 7 juin 2024 • 1003 lectures • 0 commentaires

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CAN : le «glissement» de trop ?

La prochaine CAN initialement prévue à l’été 2025 vient d’être reportée à début 2026. Un énième «glissement» dû, cette fois, non à une contrainte endogène, à une contingence propre à l’Afrique, mais pour cause de proximité avec la Coupe du monde des clubs que la FIFA, propriétaire de la compétition, a eu la vicieuse idée de placer dans la fourchette de temps ciblée par la CAF pour y tenir sa grand-messe (du 15 juin au 13 juillet 2025).

Et voilà l’Afrique du football encore contrainte de se contorsionner pour s’adapter. Depuis quelques années, elle a un mal fou à tenir sa compétition – phare à date échue. Année paire ou année impaire ? Hiver ou été ? Prise dans ce que, dans une chronique du temps de la présidence du fantomatique Malgache Ahmad Ahmad, j’avais appelé dans une chronique «La valse des saisons», la CAF en est arrivée à devenir un véritable machin. Tant qu’elle donnait le la et dictait le tempo, on pouvait à la limite s’en accommoder. Mais, maintenant qu’il est net et clair (pour ceux qui en doutaient encore) qu’elle prend ses ordres auprès de la FIFA, il est temps de dire STOP !


La CAF ne saurait continuer à défendre des intérêts qui ne sont pas les siens. Pour une compétition où elle aura la portion congrue puisque seulement représentée par 4 de ses centaines de clubs de haut niveau venant d’au maximum de 4 de ses 54 associations – membres, elle perd assurément bien plus qu’elle gagne. Et, ironie du sport, il se trouve que c’est la voix de son maître qui vient tenter d’expliquer l’inexplicable. «Nous pourrions jouer la CAN après la Coupe du monde des clubs ; mais est-ce que ce serait dans l’intérêt des joueurs ?» et d’autres inepties du genre.


Voici donc que ces mêmes joueurs africains qui s’étaient battus pour ne disputer la CAN en année impaire pour arriver frais à la Coupe du monde qui joue les années paires, vont devoir se coltiner en 2026 la CAN en hiver pour arriver cramés au Mondial en été. 


Ces mêmes joueurs et tous les Africains soucieux du développement et de l’avenir du football continental ne sont pas loin de regretter Issa Hayatou, l’ancien président de la CAF qui a toujours tenu ferme sur ses convictions (même si elles n’étaient pas toujours totalement partagées) et surtout sur les dates de la compétition majeure du sport africain. Toujours en hiver ! Quelles que soient les latitudes où elle se tenait. Au grand dam des clubs essentiellement européens employeurs de joueurs africains.


Si la situation n’était pas grotesque et grosse de menaces, le «patriarche de Garoua» se marrerait bien. Mais pour avoir dirigé le football africain de 1988 à 2016, il ne saurait se réjouir de voir la CAF filer tout droit vers le précipice. Car, si rien n’est fait, la FIFA aidée par ses pions à la tête du ballon rond continental arrivera à ses fins ultimes : faire tenir la CAN … tous les quatre ans.


B. K. N.

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Publié par

Hubert Mbengue

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