Comment Gaston Mbengue a révolutionné la lutte, ce sport de chez nous

jeudi 2 mai 2024 • 5277 lectures • 0 commentaires

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Comment Gaston Mbengue a révolutionné la lutte, ce sport de chez nous

Venu dans le milieu en mars 1992 avec sa propre structure dénommée Gaston Productions, spécialisée dans la publicité, la communication, le marketing et l’organisation de spectacles et grands événements sportifs et culturels, Salif Mbengue dit Gaston ou Don King a révolutionné la lutte avec frappe pour devenir le premier acteur de l'arène au Sénégal et en Afrique.

Ayant très tôt compris que l’heure est à la croissance, Gaston Mbengue va intensifier ses activités et aborder une nouvelle démarche qui tendait à faire la promotion des jeunes champions de lutte avec frappe. C’est ainsi qu'en 2005, sa structure initie le Championnat de lutte avec Frappe dénommé «Challenge Orange» d’où sont sortis de grands champions comme Balla Gaye 2, Modou Lô, Tapha Tine, Eumeu Sène, Lac de Guiers 2, Papa Sow, Malick Niang et autres.


Derrière cette panoplie d’événements de dimension internationale, Gaston Mbengue se fixe pour objectif de créer et de mettre en œuvre, dans la durée, des compétitions de haut niveau, spectaculaires et inscrites dans le respect des valeurs éthiques du sport.


Gaston Productions devient ainsi une entreprise créatrice d'emplois pour les jeunes, de la conception des compétitions avec les instances fédérales et institutionnelles, en passant par l’élaboration de programmes de partenariat, la logistique, les médias, l’édition, Internet, les relations publiques, ainsi que la production et la commercialisation de programmes de télévision.


Il maîtrise l’ensemble des compétences et des savoir-faire nécessaires à la livraison de compétitions de grande ampleur ou d’un format plus limité. Chacun de ces événements bénéficie d’une logistique et de moyens adaptés à sa position dans le calendrier sportif, avec le souci d’une qualité constante et d’une organisation irréprochable. La lutte est le domaine dans lequel la passion de Gaston Mbengue s’exprime pleinement. 


La lutte au Sénégal est en proie à la mauvaise gestion, à la violence, et aux conflits d’intérêt, malgré les ressources humaines assez considérables que sont les promoteurs et les lutteurs. L’assujettissement de la lutte sénégalaise au sous-développement engendre d’énormes conséquences pour son développement. 


Pour organiser un combat de lutte, Gaston Mbengue va mettre les gros moyens matériels et financiers, surtout que cela concourt à une révolution, celle d’une amélioration des performances des lutteurs mais aussi d’un changement de statut social leur permettant de devenir une référence dans leurs localités respectives.


Le fait que les enfants, adolescents et adultes passent de moments ensemble à travers la lutte est une mission très importante à laquelle il consacre tout son temps, toute sa vie et avec un grand engagement. Toutefois, il se réjouit de la perspective que la lutte offre à ces millions de jeunes Sénégalais qui rêvent de devenir lutteur. Grâce à lui, la lutte a permis à de nombreux jeunes garçons de s’épanouir, de s’affirmer, de changer de statut au niveau social.  


Don King ne se contente pas de ces performances, il vise plus haut, plus grand, plus loin et réussit à signer un contrat de partenariat pour cinq ans avec la LC2 et Sport Vision, deux structures mondialement connues, pour les droits TV au Sénégal et à l’étranger. Il se heurte aux dures réalités locales où les médias n’ont pas cette culture, comme en Occident, de payer des droits.


C’est vrai, dans un premier temps il fallait d’abord réfléchir car il avait très tôt compris que les chaînes de télévision s’intéressaient à la lutte, alors qu’en tant que promoteur il fallait les payer pour faire la promotion de ses manifestations. Alors il se dit que ce n’était plus possible, il fallait un partenariat Win-Win, c’est-à-dire gagnant-gagnant. Et pourtant à la fin du CLAF (Championnat de lutte avec frappe), il s'était rendu en en France pour discuter avec des partenaires.


Mais, dans un premier temps, le projet n’avait pas abouti car il fallait au moins préparer les médias à une telle rupture car il ne voulait pas changer de façon brusque la donne mais les préparer en conséquence à ces nouvelles mutations. Il fallait donc qu'il regarde la textes de loi très clairs, définissant les prérogatives des promoteurs de spectacles, les chaînes de télévisions et même les acteurs, notamment les lutteurs qui devaient aussi vendre et sauvegarder leur image. 


Ainsi, Gaston Mbengue débute par des actions de sensibilisation pour préparer l’opinion et les chaînes de télévision car la lutte ne pouvait être plus diffusée comme par le passé. Il va travailler sur  sur ce projet pendant trois saisons pour définir clairement les choses. Et lorsqu'il trouve un accord avec un partenaire, il signe avec LC2 et Sport Vision après avoir lancé un appel d’offres auprès des chaînes de télévision à qui j’avais moi-même envoyé les dossiers.


Mais personne n’a réagi. Seule la RTS a voulu partir avec Gaston Mbengue sur ce projet et dans cette aventure car le DG de l'époque, Babacar Diagne, a très tôt compris qu’il n’était pas question pour la RTS de rater ces grands rendez-vous sportifs. Gaston Mbengue sera attaqué de toutes parts mais cela ne va pas l'empêcher de croire à son projet. Et au fil du temps, toutes les chaînes de TV, qui étaient réticentes au début, vont venir le rejoindre. Il signe un protocole avec quelques unes, même si dans la collaboration, quelquefois, certaines d’entre elles ne respectaient pas les accords signés.


Toutefois, Gaston avait compris, à l'avance, que cela n’allait pas être une sinécure. Il me répétait souvent :  ''Quand vous voulez vendre vos activités, courir vers les sponsors et la surenchère des lutteurs, sans être accompagné par les pouvoirs publics, cela devient très difficile. Surtout que certaines entreprises privées étaient très peu enclines à mettre une partie de leurs ressources dans le sport''.


Gaston Mbengue était déterminé et il savait qu'à travers les orientations, il fallait sécuriser ses investissements avec une certaine crédibilité auprès des banques et des annonceurs. Un vrai dur à cuir qui ne se laissait pas faire et n'hésitait jamais à occuper l'espace médiatique pour répondre coup par coup mais aussi affronter ses détracteurs. Gaston Mbengue a du vendre plusieurs biens, maisons, magasins, voitures, pour le développement de la lutte. Étant un homme de défi il fallait aller au bout sa pensée, de sa philosophie. 


Et, aujourd’hui, je pense qu'il a eu raison sur tout le monde, dans la mesure où les télévisions s’arrachent les promoteurs. Alors que par le passé, c’était le contraire. Il me disait aussi : ''J’ai obtenu une grande satisfaction sur la lutte grâce à mon club l’ASAC Ndiambour qui m’avait orienté vers la lutte. Et cela m'a permis de révolutionner la lutte pour en faire un sport professionnel, facteur de développement, de croissance et génératrice d'emplois.


Firdawsi Janatoul, Grand frère. Que le Prophète Rassoulilahi (PSL) soit votre compagnon. Amen !


Mbaye Jacques DIOP
Gaston Productions

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Publié par

Hubert Mbengue

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