Ligue de football professionnel : Quand les faits heurtent la bonne gouvernance

dimanche 2 juin 2024 • 3444 lectures • 1 commentaires

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Ligue de football professionnel :  Quand les faits heurtent la bonne gouvernance

J'ai toujours été un fervent défenseur du football local en général et particulièrement du football professionnel. Les causes de ce penchant vers la reine des disciplines sportives sont à chercher dans plusieurs considérations dont les plus significatives demeurent :

1. L'apport du football professionnel dans la création d'emplois chez les jeunes ;
2. La contribution du football dans l'espoir d'un lendemain meilleur chez des milliers de footballeurs qui ont placé leur insertion sociale et économique dans la pratique ;
3. La participation du football dans la solidification de la cohésion sociale, dans le renforcement de l'unité nationale et dans l'affirmation de notre identité sénégalaise ;
4. La part du football professionnel dans les performances de notre football national ;


Tous ces acquis ont été rendus possibles grâce aux énormes sacrifices des dirigeants du football. Ces bénévoles qui,  par leur amour du football, leur patriotisme élevé, leur sens de l'initiative heureuse ont effectivement permis au football sénégalais d'être invité au banquet des meilleurs nations en Afrique et dans le monde. 


Et ceci, malgré le fait qu'ils sont abandonnés par l'Etat dans la gestion du professionnalisme. 
Bien entendu, ces acquis doivent être renforcés car, le reste du parcours qui est sans fin, est de loin le plus difficile. Il peut se résumer ainsi : «parfaire notre professionnalisme embryonnaire pour l'atteinte des objectifs majeurs suivants» : 
1. Diversifier les sources de financement du football pour faire aux exigences du professionnalisme ;
2. Doter nos clubs d'un patrimoine leur permettant de mettre en place des centres de formation aux normes, pour faire sienne cette vérité qui dit que : «est professionnel, celui qui a subit une formation. Par conséquent, est club professionnel, un club qui possède un centre de formation» ;
3. Permettre aux acteurs du football professionnel de gagner correctement leur vie grâce à un salaire décent avec lequel, ils seront en règle avec les cotisations sociales et le droit à une pension de retraite ; 
4. Donner à nos clubs et aux parents, les moyens de résister à une vente précoce et peu valorisante de nos jeunes à fort potentiel ;


Ces objectifs, à la hauteur des ambitions de notre football et du génie de nos dirigeants, peuvent devenir cependant, une utopie par des pratiques aux antipodes des valeurs du sport. 
Et, les actes posés par les fédéraux durant les  dernières journées de nos championnats élites, nous y mènent directement. Car, ils ne sont pas conformes à l'exigence d'éthique et de justice qui doit présider toutes les sentences sportives.


En effet, il est clair et accepté par toutes les parties prenantes du champ sportif, que le résultat peut résulter du terrain comme sur le papier. Pour la seule est simple raison que la bonne performance doit se réaliser dans des conditions empreintes de rigueur, de faire play et débarrassées de toutes tricheries. 


Mais, il est aussi admis et accepté par tous, que tous les actes sportifs a prendre doivent se passer dans un temps et dans un espace bien délimités. Donnant ainsi, aux sanctionnés la possibilité d'un recours sur le terrain ou sur le papier. 


Malheureusement, les verdicts de ces derniers jours, qui font monter certaines équipes dans une division supérieure et reléguer d'autres, pour des faits qui ce sont passés il y'a longtemps ne militent pas en faveur d'un climat serein. Mieux, ils peuvent être l'objet de plusieurs supputations et interprétations en défaveur de nos dirigeants parce que ne participant de la bonne gouvernance. 
Parce que simplement, le verdict a été prononcé au delà du temps réglementaire. 


Étant dans l'ignorance des causes, pour me prononcer fort justement, je voudrais simplement dire à nos décideurs que la seule conclusion à tirer de ces faits doit être : PLUS JAMAIS ÇA.


Ce qui passe par :
1. Des structures dirigées par des hommes et des femmes payés pour s'occuper quotidiennement du football ;
2. Des dirigeants obligés de ne plus être juges et parties;
3. Un recours de plus en plus à une expertise en dehors de la fédération;
4. Une coalition constituée d'experts et d'hommes de terrain dans l'élaboration des textes et la composition des structures.


Les enjeux et la signification du football méritent tous les sacrifices. Redoublons d'efforts pour nous retrouver autour de l'essentiel, dans un esprit constructif. C'est le prix à payer pour atteindre l'excellence que nous méritons tous. Sans cette nécessaire posture mentale, nos ambitions pour le football sénégalais ressembleraient beaucoup à l'utopie. 


Souleymane Boun Daouda DIOP
Acteur du mouvement sportif

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Publié par

Hubert Mbengue

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