Maurice Ndour, ailier fort Lietuvos Rytas : «L’objectif est de ramener la coupe d’Afrique en 2025»

mardi 4 janvier 2022 • 1003 lectures • 0 commentaires

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Maurice Ndour, ailier fort Lietuvos Rytas :   «L’objectif est de ramener la coupe d’Afrique en 2025»

L’ailier fort sénégalais de 29 ans, Maurice Ndour se prononce sur son retour à Lietuvos Rytas (Lituanie) cette saison. Il revient sur les objectifs avec son club, dont le plus important reste la Champions League. A la retraite depuis le dernier Afrobasket masculin, Maurice Ndour, ne cache pas sa déception d’avoir raté le titre au Rwanda. Dans cet entretien exclusif, l’ancien joueur du Real Madrid donne la voie à suivre pour reconquérir le titre en 2025. Enfin, il parle de ses relations avec Gorgui Sy Dieng

Vous êtes de retour en Lituanie une saison après votre départ. Pourquoi ce retour à Rytas ? 


Je suis retourné à Rytas parce que j’ai vécu de bons moments là-bas. C’est une équipe bien organisée et bien structurée qui me met en valeur en tant que basketteur, mais également en tant que personne. Ils ont eu confiance en moi en m’appelant pour une deuxième fois. Je suis donc revenu pour les aider, sans même hésiter. Je m’étais déjà familiarisé avec les joueurs et les dirigeants, donc c’était facile pour moi.  


Qu’est-ce qui fait la particularité de ce championnat ? 


Je ne dirais pas qu’il y a quelque chose de particulier dans le championnat lituanien. Parce que déjà, il n’y a pas beaucoup d’équipes dans le championnat, et la Lituanie n’est pas un très grand pays. On ne fait donc pas de longs voyages pour les matches nationaux. Le plus long voyage c’est peut-être 3h50 en bus. Ce n’est pas très long et ça te permet aussi de revenir très rapidement à la maison après un match pour pouvoir récupérer. Je pense que c’est un atout d’être ici en Lituanie. Mais à part ça, il n’y a pas de grande particularité. C’est du basket comme ça se fait partout. 


Après des passages en Espagne, aux Etats-Unis (NBA), en Russie, en Lituanie et Chine, quel championnat vous plait le plus ?


Je dirais le championnat russe. Parce que c’est à partir de là-bas que je me suis vraiment fait connaître, notamment en Europe. En Russie, j’avais un coach qui m’a permis de jouer mon jeu pendant tous les matches. C’est aussi là où j’ai gagné mon premier trophée personnel qui était celui du meilleur défenseur de la ligue. Donc, je n’ai que de bons souvenirs dans ce championnat russe. Après, je dirais peut-être la NBA aux Usa. Parce que comme pour tout le monde, c’était un rêve de gosse. Donc c’était une sorte d’accomplissement pour moi. J’ai côtoyé des joueurs de haut niveau dans ce championnat, des joueurs de renommée mondiale. Là-bas ce n’était plus que du basket pour se faire de l’argent, mais j’étais aussi marqué par la culture NBA.


Quels sont les objectifs avec votre club ? 


Mon objectif avec Rytas, c’est de gagner le championnat lituanien, mais aussi d’arriver en finale de la basketball Champion’s League. C’est cela mon but. Gagner au moins un trophée, parce que la Lituanie est un pays de basket, un pays qui respire le basket. Vraiment je n’ai eu que de bonnes interactions avec les gens qui vivent ici. Les fans de Rytas sont géniaux. J’aimerais bien leur apporter le trophée national à Vilnius et pourquoi pas la basketball Champion’s League. Je pense qu’on a une équipe qui peut surprendre et impressionner beaucoup de gens. Parce déjà, durant le début de la Champion’s League, beaucoup pensaient que Rytas n’allait pas sortir du groupe. On est pourtant sorti premier de notre poule, et là, on va entamer la deuxième phase. Donc je pense qu’on a nos chances. Je vais mettre le paquet, tout comme le feront mes coéquipiers et les dirigeants du club pour qu’on accède au moins au top 8. 


En Lituanie, il y a un Sénégalais, Amar Sylla, sous les couleurs de Nevezis. Est-ce que vous avez échangé depuis votre arrivée, surtout pour le conseiller ?


Franchement, je n’ai pas eu à échanger avec lui. On s’est côtoyé juste avant un match, mais c’était vite-fait. Mais c’est quand même un joueur que j’ai vu jouer quand il était au real Madrid en petite catégorie, mais aussi en équipe nationale chez les U19. C’est un garçon qui a énormément de talent et j’espère qu’un jour il pourra vraiment relever le défi, en venant défendre les couleurs de l’équipe nationale du Sénégal.


Kigali 2021 était votre 2ème Afrobasket. Déçu par le résultat au regard de l’espoir suscité par l’équipe.  


Je suis profondément déçu du résultat, à 100% même. Parce que même avant d’aller à Kigali, je disais à mes coéquipiers que cette fois, ça devrait être la bonne. Que si le Sénégal ne gagne pas, nous ferions mieux de ranger nos chaussures, car c’était vraiment le moment pour nous de prendre le trophée. C’est une déception double, parce que je n’ai pas terminé le tournoi. Donc je n’ai pas pu aider mes coéquipiers jusqu’à la fin à cause d’une blessure. Je ne m’attendais à ce genre de scénario. Mais c’est ça le sport, tu peux te préparer de la meilleure des manières et ensuite ne pas faire un bon tournoi. L’équipe s’est, toutefois, donnée à fond. Mais j’espère que la prochaine fois, la chance sera avec nous. Vous n’avez pas fini le match contre l’Angola en quart de finale. Qu’avez-vous ressenti en quittant vos coéquipiers ? 


Dans ma tête, je me disais qu’il était impensable que j’abandonne mes coéquipiers. Car je savais que ça n’allait pas être un match facile. Qui connait l’Angola sait qu’elle a toujours posé problème au Sénégal. Mais quand je me suis blessé et que je devais rentrer dans les vestiaires, après le troisième et le quatrième quart temps, je recevais les notifications sur mon téléphone portable. J’ai constaté que le match était très serré, et je me suis dit qu’il fallait que je rejoigne le banc pour motiver mes partenaires. Je ne dirais pas que c’est grâce à ça qu’on a gagné, mais je pense que ça leur a donné un coup de pousse pour gagner ce match. 


Certains pensent que la jeunesse de l’équipe a été un frein ?


Je ne pense pas que ça ait été un frein. Car ce sont des jeunes qui ont beaucoup de talent. Et qui dit jeunesse parle de manque d’expérience. Je pense que ça a un peu joué. Si vous regardez le match contre l’Angola, c’était face à des joueurs qui ont beaucoup d’expérience. C’est pourquoi le match était serré. Pareil contre la Côte d’Ivoire. On a manqué un peu d’expérience, mais le talent est là. Et je pense que si on garde ce groupe et qu’on travaille encore plus, ils peuvent relever le défi et amener la coupe au pays. 


Comment reconquérir le titre africain qui nous fuit depuis 1997 ? 


Je pense que dans un premier temps, c’est extrêmement difficile de former une équipe à un ou deux mois d’une compétition. Surtout l’Afrobasket. Pour moi ce que nous devons faire, c’est d’essayer d’organiser des camps d’entraînement où les joueurs pourront venir s’entraîner et jouer des matches 5 contre 5, parce que la plupart de nos joueurs viennent au Sénégal en vacances. C’est cela qui va créer la camaraderie et la confiance entre joueurs, entre coéquipiers. Si chaque année nous pouvons aider ces jeunes, organiser des camps de regroupement, des matches amicaux ou juste des journées de travail individuel, je pense que ce serait bon pour l’équipe et pour les joueurs. Ça leur donnerait la chance de s’entraîner au Sénégal et d’être en équipe. Je pense qu’ainsi, notre sélection sera plus soudée. Et c’est ce qui manque à notre équipe. La Tunisie, la plupart des joueurs sont ensemble depuis 5 ans 6 ans, ils se connaissent. Nous aussi, cela doit être notre objectif pour ramener la coupe en 2025. 


Durant la compétition, vous avez annoncé votre retraite internationale. Est-ce toujours d’actualité ? 


Jusqu’à présent, je suis plus vers la retraite que d’un retour en équipe nationale. Parce que quand même, j’ai beaucoup donné à cette sélection. Depuis 2014, j’ai participé à beaucoup de campagnes et ça a pris également beaucoup de temps pour moi et pour ma famille. C’est pendant l’été que tu peux vraiment être en famille. Donc pendant plusieurs années je n’ai pas pu profiter de ma famille. Même quand ma femme était enceinte, je n’étais pas à ses côtés à cause de l’équipe nationale. J’ai donc fait d’énormes sacrifices, mais je pense que comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis aujourd’hui plus proche de la retraite internationale. Donc je vais prendre le temps qu’il me reste, les étés qu’il me reste, pour être en famille. Je pense que c’est quelque chose d’important pour moi. J’aurais aimé ramener la coupe au Sénégal, malheureusement ce n’est pas le cas. Mais ce qu’on peut faire maintenant, c’est d’encadrer nos jeunes et les aider sur et en dehors du terrain. Je vais continuer à soutenir nos équipes nationales et prier pour qu’elles continuent de briller.


Des regrets d’arrêter avec les Lions sans gagner de trophée…


Je ne dirais pas que j’ai des regrets. Je regretterais si je n’avais pas tout donné pour mon pays. Mais là, j’ai la conscience tranquille parce que ceux qui me connaissent savent que je me donne toujours à 100%. J’ai toujours été présent. Et pour moi, c’est toujours l’équipe qui vient en premier. C’est un sacrifice à faire en tant que joueur et je l’ai fait. Donc je ne regrette rien du moment où je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même pour offrir le titre au Sénégal. 


On parle souvent des problèmes d’égo entre Gorgui Sy Dieng et vous. Quelles relations entretenez-vous ? 


Je n’ai jamais eu de problème avec Gorgui. Il faut comprendre que Gorgui Sy Dieng est un joueur que je respecte beaucoup. Mais ce n’est pas un ami que j’appellerai au téléphone pour lui demander comment il va ou des trucs comme ça. Ce n’est pas un ami avec qui je vais passer des heures. Mais je respecte la personne et le joueur, parce qu’il représente le Sénégal au niveau de la NBA. On n’a pas de problème. Certes, il peut y avoir quelques différences de point de vue sur certaines choses, comme c’est le cas dans toutes les familles. Mais sur le terrain, nous avons toujours fait notre boulot. Ce n’est pas des problèmes d’égo, mais juste des malentendus purement sur le basket.  Quand on se croise, on rigole ensemble. Je me rappelle une année à New York, il avait un match là-bas, après on est allé ensemble dans un restaurant pour dîner. Voila, c’est un coéquipier, mais ce n’est pas une relation amicale comme par exemple moi et Hamady Ndiaye ou un autre. Mais on n’a aucun problème, c’est juste une différence de vision sur certaines choses.


Et votre message pour les jeunes sénégalais, surtout les basketteurs ?  


Un rêve sans plan c’est juste un vœu. Certes, il n’y a pas beaucoup d’opportunités dans notre pays, mais quand même, il faut dire qu’il y en a plus de nos jours qu’auparavant. Mais nos jeunes sont constamment bombardés d’infos inutiles, des distractions et les réseaux sociaux, qu’ils ne savent plus sur quel pied danser. L’opportunité est connue pour frapper à la porte de tout le monde, mais seul celui qui a la clé peut l’ouvrir. Je dirais que la clé c’est d’abord savoir ce qu’on veut dans la vie, être préparé, concentré, égoïste et persistant. Mais le plus important surtout, c’est de ne pas se donner des excuses et de ne laisser personne briser ton rêve, de t’influencer d’une manière ou d’une autre, car un rêve se protège. L’autre message que je voulais lancer c’est que personne ne viendra t’aider si tu ne t’aides pas, notre pays ne sera jamais développé par des étrangers. Alors, faisons tout, chacun de son côté pour participer au développement, pour faire partie de ce changement que nous voulons tant voir. Nous savons tous ce que nous devons faire, mais peu de gens font ce qu’ils doivent faire. Parlons peu et agissons plus. 


Mor Bassine NIANG

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