Chrono : Triste fin de champions

jeudi 16 février 2023 • 939 lectures • 2 commentaires

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Chrono : Triste fin de champions

Grandeur, notoriété puis décadence. C'est le sort que plusieurs de nos sportifs d'élite ont connu sur l'autre versant de leur vie. Celui du repos. Ce moment que l'on choisit pour se remémorer leurs beaux souvenirs qui ont jalonné leur carrière sur les sites de compétitions grands, ce moment où la presse et les archives ressassent à chaque fois que l'occasion se présente pour magnifier leurs efforts déployés et sacrifices consentis pour honorer le pays.

Ceux qui se souviennent de ce passé fait d'exploits et grandes performances le font avec un profond sentiment de fierté tout  pour les offrir en exemples aux générations actuelles. Mais pas ceux dont on se souvient. Eux sont dans le dénuement le plus total l'oubli et l'isolement. Dieu sait qu’ils dont légion au Sénégal repartis entre les différentes disciplines sportives. 


La disparition de l'athlète Kène Ndoye et de tous les commentaires qui ont suivi cette perte ne font que remettre sur la table ce manque de reconnaissance envers ces champions au terme de leur carrière ou atteint par la maladie. Leur dette est avant tout morale avant d'être financière. Car au delà de la joie suscitée par  la conquête des médailles et des autres distinctions reçues en grande pompe il y a cette prime de la reconnaissance de la nation qui  doit se traduire aussi par la gestion de leur après carrière comme nous l'impose le commerce des humanités. Certains n'hésitent pas à le dire tout haut pour dénoncer ce mal vivre d'autres non. Eux préfèrent ruminer leur douleur dans le silence. Un fatalisme muet en courage comme ces grands blessés de guerre qui préfèrent rester stoïques devant leur sort. Un sort cruel imposé par une certaine habitude devenue triste réalité du sport sénégalais. 


Les sorties de Kène Ndoye, méconnaissable, rongée par la maladie, réclamant des primes pour se soigner étaient pathétiques. Ceux qui l'ont connue au mieux de sa forme d'athlète n'ayant rien perdu de sa féminité ont sans doute eu un pincement au cœur. Hélas elle avait empiète avant son dernier saut. Kène comme d'autres ont tout donné au nom de leur cher pays. Énergie, jeunesse, savoir-faire. La pièce de la monnaie n'est que déception et parfois rancœur. Il est temps de gommer ce traitement en trouvant les moyens de toujours les honorer même étant loin des stades du fait de leur âge avancé ou de leur état de santé. C'est la meilleure voie pour cultiver le don de soi pour son pays auprès de plusieurs générations de sportifs. 


Abdoulaye DABO

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Publié par

Hubert Mbengue

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